On va parler d’un jeu, ou plutôt d’un sport mondialement connu : les Transports en Commun.

Durant mes heures de transport, je subis les erreurs et mauvaises habitudes de mes partenaires de wagon, alors j’ai rien trouvé de mieux que de faire un billet ici pour faire un rappel à la règle et revenir sur certains points importants du règlement. Je ne parle pas des conseils de jeu que Serge le Lapin nous donnait, mais du règlement officiel, bien que tacite, de la Fédération Internationale des Usagers des Transports Parisiens.

En matière de transport parisien, le RER est un peu la ligue 1, mais les règles sont les mêmes dans le métropolitain. Ce sport, pratiqué également sur les lignes de bus, se joue à trois équipes :

  • l’équipe A se compose de ceux qui veulent sortir du train,
  • l’équipe B se compose de ceux qui restent dans le train,
  • l’équipe C se compose de ceux qui vont monter dans le train.


Les changements d’équipes sont fréquents et il faut être aussi complet en attaque qu’en défense ou au milieu de terrain.

Ma position favorite est cependant celle de l’arbitre de touche : le strapontin côté opposé à l’ouverture des portes. Mais on se retrouve parfois en position d’arbitre : strapontin côté ouverture des portes. Remarquez que l’arbitre de touche peut devenir temporairement l’arbitre en cas de changement de côté d’ouverture des portes ; dans le métro c’est assez rare, il roule à droite et ouvre donc à droite dans la grande majorité des cas (il faut le savoir), et on est averti par un message du genre “bajada por el lado izquierdo” lorsqu’il y a exception.

Dans le RER, qui roule à gauche et ouvre donc majoritairement à gauche, si les changements de côtés sont plus fréquents, il paraît que c’est à cause des quais centraux :

Quand on est arbitre, donc, on constate que la règle du hors jeu est constamment piétinée, et rares sont les fois où l’on applique la sanction : balle à l’adversaire, dégagement du goal.

1er cas de hors jeu :

L’équipe A entre dans la zone de réparation avant le ballon : un joueur se lève et se précipite sur la porte/but, avant même que la station ne soit dans les hublots (la station c’est le stade avec les spectateurs et l’équipe C qui attend sur la touche, pour ceux qui n’ont jamais joué).

Il y a hors jeu dès qu’un joueur de l’équipe A se déplace prématurément et se retrouve plus proche de la porte qu’un joueur de l’équipe B.

Sur ce schéma, c’est limpide : Offside for Dummies

Le problème c’est que dès qu’un joueur A fait un mouvement, de nombreux autres enchainent et il se forme un attroupement anormal devant l’arbitre aboutissant souvent à un écrasement de pied, ou un coup de genou : ceci est une faute qui peut être sanctionnée d’un carton selon l’appréciation de l’arbitre.


2ème cas de hors jeu :

Si un joueur de l’équipe B est situé entre un joueur A et la porte une fois le train arrêté, il se situe en position de hors jeu et ne doit en aucun cas faire d’obstruction. On retrouve ici une interprétation très rugbalistique de la règle du hors jeu qui autorise de fait les joueurs adverses à faire comme si vous n’étiez pas dans le jeu, d’où bousculade ou piétinement (cette règle s’applique aussi à l’arbitre).

Par exemple ici, le mec il doit être hors jeu, donc il se prend une droite dans la gueule, logique :


3ème cas de hors jeu :

Schéma similaire au 1er cas, mais avec un joueur de l’équipe C tentant une rentrée avant la sortie de tous les joueurs A. Même punition que dans le 2ème cas. Mais l’équipe C n’a même pas besoin de commencer à rentrer pour se retrouver hors jeu : il y a hors jeu de position si un joueur C se trouve dans le couloir de sortie de l’équipe A et ne fait pas la haie d’honneur comme les autres.


Maintenant qu’on a bien révisé, on peut s’intéresser aux comportements fautifs que l’on peut observer à toute heure, que ce soit aux horaires de grands matchs ou aux heures creuses de l’entrainement, il y a toujours des joueurs, newbies ou vétérans, qui jouent comme si se sport avait un coach et que c’était Domenech.

Celui qui se lève du carré (places assises à 4 personnes) et se rue sur le loquet dès que le train démarre d’une station n’a rien compris au jeu.

La variante de celle qui se lève du carré avec tous ses sacs et autres paquets, et qui se fraie un chemin à travers la défense à base de “pardons” et autres “excusez moi” est une des plus agaçantes, car en plus du hors jeu, on a la plupart du temps droit à quelques fautes de contact.

Celui qui se lève du carré au moment du coup de frein avant l’entrée en gare et se vautre sur le joueur de l’équipe B assis en face ne sera pas recruté dans le futur championnat du Qatar.

Celui qui bloque un strapontin en se tenant debout devant alors qu’il n’y a vraiment pas affluence, mais quand même quelques personnes reléguées aux barres qui aimeraient bien profiter du poste d’arbitre ou arbitre de touche, n’est pas techniquement hors jeu, mais c’est un gros connard, tout autant que le footballeur qui protège une balle qui va sortir du terrain en occupant un maximum de place avec son corps, sans jamais avoir l’intention de réellement contrôler le ballon pour le jouer. Ces actes d’anti-jeu devraient être sanctionnés.

Celui qui reste au milieu du but pendant que l’équipe A fait son rush après l’ouverture de la porte, mérite qu’on lui rappelle que dans ces cas là, la seule façon d’éviter la punition physique du hors jeu est de passer derrière la ligne de but, ce qui a au moins l’avantage de lui procurer le brassard de capitaine de l’équipe C.

Enfin, merci de respecter l’arbitre si celui-ci oriente ses genoux pour dégager le but ; un écrasement de pied ou une mallette qui traine pourraient le faire sortir un carton…


Les stadiers, reconnaissables à leur maillot portant le logo de leur stade, sont apparus récemment et ils sont considérés hors jeu en permanence ; vous n’avez qu’à observer la façon dont ils feignent de fermer la porte eux-mêmes pour vous en convaincre.


Si ces règles vous sont semblent totalement obscures, alors tout simplement, ayez le ticket chic si vous ne voulez pas avoir le ticket choc.